Agence de presse AhlulBayt (ABNA) : Selon des informations relayées par des médias locaux et des sources gouvernementales, la mesure a été notifiée par les canaux diplomatiques officiels, conformément aux procédures en vigueur. Le statut de « persona non grata », prévu par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, permet à un État hôte de déclarer un représentant étranger indésirable et d’exiger son départ, sans obligation de détailler publiquement les motifs. Dans la pratique, cette décision constitue l’un des instruments les plus sévères du registre diplomatique.
Des responsables sud-africains ont présenté la décision comme une réponse à ce qu’ils décrivent comme des actes et positions incompatibles avec les principes de Pretoria en matière de droit international, de protection des civils et de respect des droits humains. L’Afrique du Sud a, à plusieurs reprises, exprimé une condamnation ferme de l’offensive menée à Gaza, appelant à un cessez-le-feu immédiat, à l’ouverture d’accès humanitaires sûrs et à la reddition de comptes concernant les violations présumées du droit international humanitaire.
Des observateurs notent que l’expulsion d’un chargé d’affaires revêt une portée particulière lorsque la représentation étrangère opère déjà à un niveau réduit. Dans de nombreux cas, le chargé d’affaires assure la conduite des relations quotidiennes en l’absence d’ambassadeur pleinement en poste. La décision sud-africaine pourrait donc entraîner une baisse supplémentaire des canaux de communication formels, limitant la coopération consulaire et politique au strict minimum, voire aboutir à une suspension de facto de la présence diplomatique si aucun remplaçant n’est accepté.
La démarche de Pretoria s’inscrit dans un contexte plus large, où l’Afrique du Sud s’est distinguée sur la scène internationale par son plaidoyer en faveur des droits du peuple palestinien et par son recours aux mécanismes juridiques multilatéraux. Depuis le début de la crise à Gaza, le gouvernement sud-africain a multiplié les appels à la communauté internationale pour empêcher l’aggravation de la catastrophe humanitaire, dénonçant le bombardement d’infrastructures civiles, les déplacements massifs de populations et la dégradation rapide des services essentiels, notamment la santé, l’eau et l’alimentation.
Sur le plan intérieur, la question palestinienne bénéficie d’un soutien populaire important en Afrique du Sud, où de nombreuses organisations de la société civile, syndicats et mouvements étudiants organisent régulièrement des rassemblements et des campagnes de sensibilisation. Plusieurs analystes estiment que la fermeté diplomatique de Pretoria reflète à la fois une orientation de politique étrangère fondée sur l’héritage anti-apartheid et une pression de l’opinion publique demandant des actes concrets, au-delà des condamnations verbales.
Du côté du régime de Tel-Aviv, des réactions critiques sont généralement exprimées face à ce type de mesures, avec des accusations de « politisation » du dossier et des mises en garde contre l’impact sur les relations bilatérales. Toutefois, des experts soulignent que la procédure de « persona non grata » demeure une prérogative souveraine de l’État hôte, souvent utilisée en réponse à des différends graves, à des comportements jugés inacceptables ou à une détérioration générale des relations.
À court terme, la décision sud-africaine pourrait compliquer les services consulaires pour les ressortissants et entreprises, et réduire davantage les marges de dialogue. À moyen terme, elle envoie surtout un signal politique : Pretoria entend maintenir une ligne dure sur la question de Gaza, en privilégiant les leviers diplomatiques et juridiques pour exiger la protection des civils et la responsabilité internationale.
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